Piratage de film, au tour des particuliers d’être condammés
Source : le Parisien
BRUNO est un passionné de cinéma. Cette passion l’a conduit à pirater des films. Le tribunal correctionnel de Melun l’a condamné à verser 460 € aux sociétés de production du cinéma (Century Fox, Paramount...). Il devra aussi payer 350 € pour rembourser les frais d’avocat de la Sacem. Son ordinateur a également été confisqué, ainsi que tout le matériel illégalement dupliqué. Qu’a fait Bruno pour s’attirer la vindicte du monde du cinéma ? Il a copié sur des CD-ROM vierges une centaine de films, notamment des VHS enregistrées à la télévision ou des DVD empruntés à des amis, le tout en se servant du format de compression des données appelé DivX. Il les a ensuite échangés contre d’autres films, avec des internautes rencontrés sur un forum de discussion. C’est un délit, certes, mais somme toute banal. N’importe quel internaute équipé de l’ADSL (Internet à haut débit), ce qui n’est pas le cas de Bruno, peut très facilement télécharger des films sur son ordinateur, avant même leur sortie sur les écrans français... sans débourser un centime. « C’est illégal, mais de nombreux magazines d’informatique font la promotion de sites où l’on peut trouver des films gratuits », a rappelé l’avocat du prévenu.
« Un verdict d’une grande indulgence » Finalement, Bruno n’a pas eu de chance. Son manège a été repéré par une section spéciale de la gendarmerie qui « patrouille » sur la toile. « Je suis surpris que les gendarmes passent du temps à pister ce genre d’affaires », s’est étonné le président du tribunal, qui pensait que de tels services traquaient plus particulièrement les sites pour pédophiles. Ne souhaitant pas que cette affaire serve d’exemple, le tribunal n’a pas suivi les demandes exorbitantes des parties civiles, l’une d’entre elles réclamant à elle seule 4 000 € (26 000 F) ! « C’est un verdict d’une grande indulgence », a souligné le président du tribunal, ajoutant que les plaignants feraient sans doute appel. « Internet est devenu un self-service où on ne paye pas de droits d’auteurs. Les gens pensent pouvoir se cacher derrière un pseudonyme. Ils ont tort », a asséné un des avocats de la partie civile. Les internautes sont désormais prévenus.
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